La musique est un art dont nous nous approprions les formes, les modifions, les faisons évoluer. Cela aboutit bien souvent à la création de genres nouveaux ; il n’est pas rare qu’ils demeurent dans le patrimoine culturel des peuples et des ethnies.

Telle l’histoire, la musique témoigne des étapes et des périodes marquantes de l’évolution des peuples. Lorsqu’elle est notée, répertoriée, classée, elle acquiert le caractère de musique savante parce qu’accessible et transmissible à tous suivant des méthodes rigoureuses facilement identifiables. D’autres musiques résultent de la fusion de plusieurs éléments culturels hétérogènes. Il en va ainsi de la musique créole, la musique de la Caraïbe, dont fait bien entendu partie la musique de la Martinique. Née du métissage des musiques de l’Afrique et de l’Europe, elle est une musique jeune qu’il nous reste encore à découvrir, répertorier, classifier.

La musique des Antilles françaises, développée et cantonnée dans un état de musique de divertissement, longtemps rejetée et condamnée par L’Eglise, jalousement cachée par les Anciens, n’a été transcrite qu’après 1768. Elle est intrinsèque des danses qu’elle accompagne.

Bien avant cette date, les danses avaient reçu le nom de kalennda (ou calenda). Souvent attribuées aux seuls Nègres, elles venaient pourtant des deux régions qui peuplèrent les Antilles jusqu’au XIXe siècle : l’Europe et l’Afrique.

Les kalennda sont des chants et danses symbolisant la fécondité, que les religieuses pratiquaient en Europe dans les églises pendant les messes de Noël (fécondité de la vie) et de Pâques (fécondité de la mort).

Il convient d’ajouter à ces danses, les kalennda de la fécondité de la terre existant en Afrique. Rejetées depuis le XIIe siècle par l’Eglise qui ne toléraient pas leur caractère licencieux (les danseurs se frottent le nombril), ces danses étaient qualifiées de sexuelles.