Toutes les danses créées à Paris étaient aussitôt reprises dans les colonies.

Marie Josèphe Rose Tascher de la Pagerie naquit aux Trois-Ilets (Martinique) en 1763. Joséphine, comme on l’appelait, épousa le Vicomte de Beauharnais, puis, après la mort de ce dernier, se maria en 1796 avec Napoléon Bonaparte. La Martinique devint alors la deuxième cour de France : comme à la Malmaison (château de Joséphine), les concerts privés étaient nombreux. Les jeunes femmes étaient vêtues à la mode parisienne, dans des robes de mousseline où la taille était hissée sous la poitrine, ce qui mettait celle-ci en valeur. Cette mode eut un tel succès qu’elle donna à une des contredanses le nom de haute taille.

La haute taille est une créolisation de la valse parisienne à deux temps. Dansée en quadrille, elle nécessite la conduite d’un commandeur. Comme les quadrilles, la haute taille se jouait au piano et au violon dans les sociétés bourgeoises, alors que les autres classes usaient de l’instrumentation suivante : accordéon, tambour dibas, chacha, triangle, syiac, violon, commandeur. 

Conservée uniquement dans les campagnes de la Martinique, la haute taille n’a pas connu d’évolution instrumentale.

Il n’y a pas de produits de substitution à la haute taille. Les évolutions technologiques et techniques ont tant apporté de moyens de transmission des savoir-faire musicaux que la haute taille, trop éloignée des exigences nouvelles, ne put en tirer profit.